Dimanche 9 septembre 2007 7 09 /09 /Sep /2007 17:25

INTRODUCTION

De nos jours, l’image est présente partout. Autant dans les médias qu’au sein de l’esprit de chacun, elle est gravée soit comme une représentation de faits illustrant les propos tenus via un support matériel (la photographie), soit à l’instar de l’illustration d’une chose par la conscience. Le pouvoir qu’elle véhicule tient à l’efficacité qu’il promulgue aux yeux des gens. Compte tenu du potentiel non négligeable du pouvoir de l’image, c'est-à-dire le fait de provoquer une réaction immédiate ou une action réfléchie sur un sujet, il est légitime de nous questionner sur l’essence de cette puissance : nous fait-il réagir ou nous fait-il agir ?
 
 
I.] REAGIR NOUS FAIT AGIR 

1.) Médias : oubli, divertissement et outil de manipulation
 
Dans notre société, l’image possède le monopole entre autres via les médias. Mais il semble juste de se questionner sur la source de ce pouvoir qu’elle détient au sein de nos vies. C’est au travers des journaux, au même titre que sur internet ou encore à la télévision qu’elle côtoie le quotidien de bon nombre de personnes. L’image est un support de communication et peut de ce fait rendre compte d’une situation mieux qu’un texte dans le sens où elle fait appel à la sensibilité de son spectateur. Elle parvient à persuader alors que le texte tente de convaincre la plupart du temps. En effet, elle attire l’attention en suscitant l’émotion, en d’autres termes elle plonge celui qui la regarde dans un état dans lequel il met sa rationalité à l’écart. Ce stimulus qu’est l’image, en plus d’interpeller ceux qui y prêtent attention, est une saisie du réel. Elle n’est pas à confondre avec une représentation exacte et neutre de la réalité mais une interprétation en elle-même, en raison des prises de vues choisies, des plans, du choix des lumières ou encore des filtres utilisés. Ainsi, ces choix ne sont pas anodins puisqu’ils permettent de donner une signification profonde et par la même faire passer un message en vertu de l’agencement de certains procédés visuels. De plus, comme le soulignera SARTRE, choisir revient à renoncer, tout comme refuser de choisir… cela reste encore un choix. C’est donc en fonction de certaines associations d’angles de vue avec la préférence de couleurs bien spécifique à d’autres que l’on peut changer la donne. Les messages peuvent passer d’un extrême à l’autre en changeant quelques détails. C’est ainsi que les images nous parviennent et influencent nos prises de position. Ces images nous manipulent.
 
A cet égard, les médias et journaux télévisés deviennent de véritables outils de diffusion de masse. Entre images prohibées et atrocités, nous sommes totalement imbibés et au fond en sommes-nous peut-être victimes. Quoi qu’il en soit, elles provoquent chez ceux qui les voient une réaction immédiate qui se base sur la subjectivité. La réaction ainsi comprise, c'est-à-dire comme une sorte d’intuition, peut mener celui qui la commet à un jugement faux, autrement dit à l’erreur. Selon DESCARTES, l’erreur est le fruit de la prévention et de la précipitation. Cette dernière est du au manque d’une analyse rigoureuse par la raison. Quant à la prévention, autrement dit la présence à l’esprit de préjugés, peut altérer leur jugement. En effet, les préjugés sont des opinions adoptées sans examens préalables : il s’agit en d’autres termes d’une généralisation hâtive d’expériences personnelles ou imposées par un milieu donné, par l’éducation, etc. Cet avis préconçu est latent et ne nécessite que la présence d’un stimulus, à l’instar de l’image, pour raviver son contenu. Ainsi l’impression subjective que l’on peut en avoir provient de l’émotion que l’image suscite en nous. En effet, l’image mobilise d’autres facultés que celle de la vision : le visible fait réagir la part d’invisible enfouit au plus profond de ce que nous sommes, tels les souvenirs et c’est en ce sens que le pouvoir de l’image détient une efficacité. Par conséquent, ces connotations que l’on attribut aux images sont teintées de subjectivisme, en raison de l’individualité du vécu de tout un chacun inaccessible à l’intelligibilité d’autrui (seule l’introspection permet au sujet d’accéder à une compréhension plus affutée de sa personne et la prise de conscience de son inconscient par une cure psychanalytique peut compléter la connaissance qu’un individu a de lui-même). Via ce processus, le récepteur projette sur l’image ce qu’il ressent et pense : le ressentit incite la raison à interpréter. Cette perception est ambivalente et de fait à la croisée des chemins entre l’intellect, soit l’ordre du rationnel et l’affect, c'est-à-dire du subjectif. Ce point de transition nous permet de lier la réaction immédiate et l’action réfléchie compte tenu que l’une comme l’autre font appel à la raison, bien que cela ne soit pas de manière semblable. Or, cette dernière est un instrument de mesure permettant d’éviter toute forme de débordement et exigeant la pondération des actes posés ainsi que l’absence d’excès. Pourtant, la réaction n’est pas forcément rationnelle puisqu’elle n’est pas maitrisée en totalité par l’entendement mais influencée par la sensibilité, tandis que l’action réfléchie est plus axée sur la réflexion. Cet agissement raisonnable est la péripétie d’une prise de conscience de la potentielle erreur commise lors d’un jugement prématuré du à la réaction. Par ce biais, il devient possible d’avancer et d’aller au-delà de ce que l’on veut bien nous faire voir, car en effet, les journaux télévisés par exemple sont très subjectifs : en somme, ils souillent les esprits en injectant en leur créance des préjugés, influencent les gens et par la même, les invitent à ne plus penser par eux-mêmes. A l’heure actuelle, il n’y a certes plus aucune censure, mais elle est à elle-même une sorte de censure : tout est montré, mais tout ne mérite pas d’être pris pour argent comptant, un tri s’impose et personne ne fait un « écrémage » à notre place. Or, tout le monde accède à ces émissions sans forcément avoir un sens critique aiguisé. Les informations deviennent dès lors une arme à double tranchants et ne peut être contrecarré que par l’intermédiaire d’une observation et d’une réflexion. Ainsi, la raison peut contourner certains pièges orchestrés par quelques journalistes. De même, nous pouvons de temps à autres remarquer des supercheries, telle le fait de se servir plusieurs fois des mêmes images dans un autre contexte. Elles deviennent en fin de compte marginales et de fait ne sont plus utilisées à leur fin initiale. Via ce procédé peu scrupuleux, nous sommes en droit de douter de la crédibilité que l’on peut offrir aux photos et images que nous recevons. De telles choses peuvent pousser les individus à réagir en agissant et décidant de mettre un terme à ce « gargarisme » de la part des médias et se forger soi-même un avis tangible en opérant une sélection d’informations. Mais encore, faudrait-il que l’être humain n’en vienne pas à oublier ce qu’il vient de voir : il suffit que l’émission change de sujet ou lance une page de réclame pour que l’on ait omis le précédent thème traité. C’est entre autres le cas des spots sur la sécurité routière. Bien que les images soient fortes, voire violentes, elles attirent bien évidement l’attention du spectateur, mais leur impact reste de courte durée. Il en va de même en ce qui concerne les images de catastrophes climatiques et humanitaires comme pour le Tsunami de 2004 ou la guerre au Darfour. Ces images recueillies par les reportages et les journaux télévisés se veulent détenir une fonction mémorative ce qui est, soit dit en passant, tout à fait normal (par extension, cela permettrait de ne pas faire à l’avenir les erreurs commises dans le passé). Une remarque se pose : de telles images méritent d’être considérer plus sérieusement, du moins plus longtemps. Pourtant, elles sont redondantes sans pour autant s’inscrire à long terme dans notre mémoire : pour quelles raisons ? Vraisemblablement, plus rien ne choque personne à l’heure actuelle et pour cause, ces atrocités, à force d’une trop forte médiatisation, se sont banalisées et appartiennent dès lors à l’habitude. Mais une objection se pose aussitôt : les clips vidéo ou publicités appartiennent à l’univers des médias et restent bien plus présents à l’esprit. Mais pourquoi, ils sont loin d’être émis « à doses homéopathiques » et sont de moindre importance, facultatifs, voire inutiles ? L’habitude générée par ces anaphores de flux d’images devrait nous pousser à nous en détourner. Nonobstant, nous pouvons surement trouver l’esquisse d’une réponse dans la thèse pascalienne du divertissement. PASCAL part d’un constat, celui de l’inclination des hommes au divertissement, c'est-à-dire la fuite dans « diverses agitations » de l’homme, qui pense, par ce biais, atteindre une vie plus pleine et plus heureuse. La thèse de PASCAL est l’inverse de ce qui se produit, à savoir que c’est le divertissement qui enfonce l’homme dans « le malheur ». Le problème est donc double : mettre à jour l’origine de cette tendance afin de répondre à l’aspiration humaine au bonheur. PASCAL analyse la tendance au divertissement et au repos dans une chambre. Cette image indique l’objet de sa fuite : la vue de sa « condition faible et mortelle ». Pourtant, PASCAL s’applique à montrer que cette stratégie consistant à fuir la réalité est vaine. Le malheur de l’homme parait se résumer au temps présent, il se diverti par la « pensée du passé » pour le regretter ou bien par celle de « l’avenir comme trop lent à venir ». Cette errance « dans des temps qui ne sont point notre », nous détourne du « seul qui nous appartient », en l’occurrence le présent. Nous retrouvons la thèse véhiculée par le stoïcisme autant que l’épicurisme, à savoir la réalité du présent auquel EPICURE invite l’homme à revenir en renonçant au désir de l’immortalité ; et que les stoïciens considèrent comme le seul moment opportun, le « kairos » qui met l’homme au contact de la raison universelle, le « logos » qui l’ajuste à l’ordre du monde. En somme, nous pouvons avec facilité assimiler les images dont il est question au divertissement, comme le dénote PASCAL. Ce divertissement semble être devenu un objet du quotidien et bien trop présent dans nos vies. De plus, il est à la portée de tous y compris des enfants : notre génération a grandie avec ce confort qu’est d’avoir la télévision chez soi, et plus récemment internet… Le résultat tombe sans surprise : l’imagination et la réflexion se perdent, du moins se font rares puisque les médias nous servent tout sur un plateau. Cependant, cela n’est visiblement pas prêt de cesser, en raison du fait que l’enjeu soit trop conséquent pour ceux qui commercialisent des produits via l’image. Pourtant une raison totalement valable sur un plan éthique pourrait faire obstacle à cette démagogie ; la valeur de la dignité de la personne peut se retrouver salie dans certains cas.
  

2.) Dignité de la personne et médias (publicité et clips musicaux)
 
Définissons dans un premier temps cette notion. La dignité doit être entendue dans le sens où elle fait intervenir une spéculation sur l’être en tant qu’être, c'est-à-dire sur l’être en soi, en un mot il s’agit de la dignité ontologique. En effet, la dignité en elle-même ne recouvre pas un sens explicite, mais un caractère polysémique. Elle sera définie comme étant un concept qui comme le déclare le Comité Consultatif National d’Ethique « la dignité de l’homme tient en son humanité ». Nous pouvons voir que cette notion s’applique seulement à l’être humain et pour cause, il est le seul être vivant étant doué d’une conscience de lui-même ce qui le rend supérieur au règne animal. A cet égard, KANT parlera de l’homme en tant que personne en raison de sa faculté à se penser et penser le monde. Celui-ci ajoutera qu’en tant que personne, il possède une dignité. La dignité, issue du latin « dignitas », possède aussi une signification qui s’est peu à peu universalisé pour devenir communément un respect qui est dû à tout homme. Cette définition contemporaine est qualifiée par KANT comme revoyant « à une valeur intérieure absolue par laquelle l’homme force au respect de lui-même toutes les autres créatures raisonnables », lesquelles sont douées de raison et par conséquent se réfèrent aux hommes. Nous pouvons ajouter qu’étant donné que ce concept d’homme se prolonge vers celui d’humanité, puisque force est de constater que la valeur de dignité ou respect s’applique de manière mutuelle. S’appliquant ainsi à tout un chacun, elle relève d’une valeur absolue. Autrement dit, en tant que détenteur d’une dignité, puisque là est sa valeur souveraine, il n’a pas de prix. KANT déclare que « L’humanité est elle-même une dignité : en effet, l’homme ne peut être utilisé par aucun homme simplement comme moyen, mais doit toujours être traité en même temps comme fin, et c’est en cela que consiste précisément sa dignité, grâce à laquelle il s’élève au-dessus de tous les êtres du monde qui ne sont point des hommes et peuvent donc être utilisés, s’élevant par conséquent au-dessus de toutes choses ». L’homme se doit d’avoir toujours à l’esprit que, tout comme il est entouré de ses semblables, lui-même est le semblable d’autrui. Ainsi, il doit penser l’humanité au sein de sa personne, s’attribuer une dignité pour en attribuer une aux autres, compte tenu qu’il est « dépositaire de son humanité » comme JANKELEVITCH le soulignera. Selon lui, il a un devoir de responsabilité qui se fonde sur la conscience qu’un sujet à de lui-même comme homme avec ce que cette humanité implique, en tant que « charge impondérable » au sens où un homme, parce qu’il est « un homme, […] ne peut pas faire de son être-propre n’importe quoi » comme s’il avait « la libre et arbitraire disposition morale de cet être ». Donc, il peut conférer aux autres le pouvoir d’être considéré comme une fin et non comme un moyen. La dignité renvoie à une valeur indéniable, dès lors que l’homme est un être humain, il est doué d’une dignité peu importe l’image qu’il peut avoir de lui-même ou celle que les autres peuvent en avoir.
 
Seulement, dans le cas de la publicité, l’Homme est utilisé au rang de moyen et non au rang de fin en lui-même, en raison du fait qu’il devient « accessoire » au produit présenté ou au morceau musical choisi. KANT affirme « Traite toujours autrui comme une fin et jamais seulement comme un moyen ». Il discerne l’autre comme moyen qui me sert à atteindre une fin personnelle et l’autre que je traite comme fin, autrement dit sans l’instrumentaliser. L’image tend à nier cet impératif et « désosse » ce caractère d’égalité entre les individus et pour cause, elle affiche l’être humain sous le statut de la femme ou celui de l’homme. Bien entendu, cette distinction conceptuelle joue un rôle essentiel dans le sens où elle touche à l’essence de chaque personne, mais ne perdons pas de vue que ceci sert la plupart du temps comme moyen terme pour rendre un objet monnayable directement ou indirectement. Ils emploient les charmes des hommes et femmes, c’est dans ce sens qu’il faut comprendre la critique faite. Ainsi, la personne sert à atteindre une fin fixée, en l’occurrence commercialiser un objet, qui à la différence de l’être humain a un prix tandis que l’Homme est détenteur d’une dignité, soit une valeur non monnayable comme le soulignera KANT. Qui plus est, c’est en montrant certaines parties du corps que les gens seront incités à acheter un produit. Rappelons aussi que considérer la personne, c’est la prendre à part entière telle qu’elle et de fait, ne pas la considérer en tant que parties. Ainsi, ces deux phénomènes que sont la publicité et les clips tendent à rejeter cette valeur qui est en fin de compte au fondement du respect qui est du à tout un chacun. L’exemple le plus représentatif reste celui de la crème amincissante où l’on a l’habitude de voir une femme soit disant bénéficiaire des biens faits de ce produit – la plupart du temps est montré « l’avant » et « l’après » sous forme de photo, cependant, qui peut assurer la véracité de ces clichés ? Personne. Il est fort probable, à la vue des technologies actuelles, que la photographie présentée eut été modifiée. Précisons par la même occasion que les femmes présentées sont toutes minces voire maigres parfois, et n’ont aucunement besoin de ce genre de produits.
 
Pour en revenir aux clips vidéo, les femmes voient leur image se ternir en voyant des danseuses servant de « potiche » auprès du chanteur, jouant le plus souvent le rôle d’aguicheuses hors pair – même si mes dires sont relativement crus et peu élégamment énoncés, il n’en est pas moins que cela reflète la réalité. Or, elles ne représentent pas l’attitude de la majorité des femmes. Ajoutons par la même occurrence que ces vidéos s’adressent à un public jeune, très fréquemment de mineurs. Ils y accèdent sans contrôle parental sur des chaînes ouvertes à tous les publics. Cependant, ces jeunes (et moins jeunes aussi) n’ont pas toujours développé au préalable un esprit critique, critique venant du grec « crinein » signifiant trier, passer au crible. Or, combien d’entre eux se contentent de le regarder sans porter de jugements, sauf celui qui consisterai à penser que la réalité est faite ainsi : en somme, faire d’un cas une généralité et des femmes des objets. Il s’agit là de ce qu’il se produit au grand regret justifié de certains… Le problème qui se pose sans appel est de savoir comment peut-on faire comprendre à ces personnes le besoin de bien se comporter en société à commencer par respecter son entourage, et par extension à juger tous les êtres humain égaux ? Après tout, dans de telles vidéos, la femme reste dénigrée et devient objet. Par conséquent, elle n’est pas traitée en tant que personne titulaire d’une dignité au même titre que chaque être humain.
 
En ce qui concerne le chanteur, il ne considère pas la ou les jeune(s) femme(s) comme être(s) humain(s) mais comme objet(s) de désir(s), j’ai presque envie de dire comme étant un bien de consommation. Selon le mot de SARTRE, ces femmes sont « chosifiées ». Vraisemblablement et malheureusement, voici le seul moyen, au détriment de la dignité de la personne, d’attirer l’attention de cet homme dont il est question. Je ne me propose pas de trouver des excuses à la gente féminine, elle a aussi sa part de responsabilité dont je reparlerai ultérieurement au sein du développement. Le comportement « macho » de ce chanteur, au-delà d’une potentielle estime de lui-même démesurée en fonction de sa notoriété, tient aux attitudes de ses prédécesseurs. Sans vouloir hâter mon jugement, la plupart d’entre eux ont hérité d’une conduite américanisée. Pourquoi la source de cette mentalité viendrait-elle des américains, après tout ? Il faut se resituer dans le contexte : l’Amérique du nord, à la différence de la France, n’a qu’en tant qu’Etats-Unis d’Amérique environ deux cents ans d’histoire contre notre civilisation française, qui elle en détient approximativement quinze siècles. Les expériences, les conflits ethniques, les guerres civiles et de religion ont fait du peuple français un peuple bien plus mature et bien plus réfléchis que les américains. Bien sur, on ne saurait oublier la ségrégation des afro-américains aux Etats-Unis au XXème et qui malencontreusement continu aujourd’hui encore, même si cela tombe sous le sens. Bien que tout le respect que l’on puisse y accorder, ces deux siècles d’histoire n’équivalent pas ceux de la France. C’est ainsi, j’estime, que l’on peut justifier en partie cette prise de position. Pour en revenir aux schémas comportementaux de cet homme et des chanteurs du même style, il semble que l’unique chose suscitant leur attention réside dans la présence des danseuses et encore… comme si l’acte même qu’une femme puisse mettre sa dignité à prix était un spectacle.
  

3.) Le schéma comportemental des femmes et hommes et les conséquences
 
L’impact psychologique de ces images de femmes aux corps parfaitement proportionnés est présent tant chez la gente féminine que masculine et de plus n’appartenant pas nécessairement à la même tranche d’âge énoncée auparavant. En somme, la plupart des hommes en viennent à les fantasmer, tandis que les femmes complexent et sont parfois envieuses. L’image promue dans ce qui est extrinsèque à un sujet a toujours une conséquence intérieure pour celui-ci. Certes, elle lui dicte ce à quoi il doit ressembler ou faire en donnant un soit disant exemple. Pourtant si l’individu n’appartient pas à la norme que l’on désigne comme étant conforme, le regard que les autres lui renverront sera désapprobateur. C’est par ce biais que l’être visé par cette sorte de discrimination réagira. De deux choses l’une, soit il entérinera ce regard au plus profond de lui et l’exprimera inconsciemment par un repli sur lui-même, soit il développera une certaine hostilité envers ses semblables. Manquant de connaissances en psychologie, je ne peux que donner que quelques exemples qui sont loin d’être une liste exhaustive, mais prennent appui sur mes expériences. De plus, la norme qui est fixée est très difficilement accessible. Rares sont les personnes qui correspondent à cette norme naturellement : tout n’est qu’artifice. Les gens tendent à se transformer sciemment pour ressembler à telle ou telle personne. Nonobstant, le contrecoup provoqué est plus grave qu’il n’en parait au prime abord. Les hommes s’uniformisent et deviennent selon les dires de NIETZSCHE « semblables, moutonniers, médiocres, ordinaires – communs ! ». Bien qu’HEGEL ait pu dire qu’il soit dans la nature de l’homme d’apporter des modifications à ce qu’il est « l’homme ne veut pas rester tel que la nature l’a fait », ce phénomène de propagande prend l’embargo sur la personnalité des gens. Les ressentis auprès de la population se résument aux mots « complexe », « minceur », « beauté », et j’en passe. Est-ce possible et surtout admissible d’accepter de vivre dans un monde régi par la politique des apparences ? Je ne pense pas. Ces affirmations soulèvent un autre problème éthique très important, tout aussi important que ceux antérieurement mis en évidence. Si tout le monde tend à s’uniformiser, que faisons-nous de la différence qui est au fondement même de l’altérité, nourrissant ainsi l’imprévisibilité d’autrui ? Bien évidement que chacun se doit de garder sa personnalité, néanmoins, c’est prendre un risque que de considérer à ce point la politique du paraître. La preuve en est que beaucoup de femmes en arrivent à tomber dans de l’anorexie ou d’autres pathologies semblables pour ressembler à ce qu’elles voient à la télévision. Les plus fortunées ont recours à la chirurgie esthétique. Ces images qu’elles perçoivent ont été pratiquement toutes retouchées, même s’il n’est pas rare que ces dernières aient tendance à saisir ces images comme la réalité qui, rappelons-le, se réclame l’objectif premier de l’image. Et quand bien même, nous essayons d’être spécialement vigilent, nous demeurons bien plus souvent que nous puissions le penser victime de l’image, bien que l’on ait la volonté d’ériger un « barrage » entre le monde extérieur et soi-même. Aussi solide que cette sorte de barrière puisse être, une partie infime filtrera toujours. Notre raison et le travail que nous accomplissons en se servant d’elle pour régir nos actes et notre volonté tend à nous rendre je dirais « plus humain » dans le sens où, c’est l’entendement qui nous différencie des autres êtres vivants. Mais la part de sentiment que nous éprouvons a contrario des animaux – qui eut éprouvent des émotions uniquement, restera toujours présente en l’Homme, et pour cause, il s’agit là aussi d’un critère qui le compose.
 
Je me permets d’adresser une petite parenthèse à certaines d’entres elles : cela vous plairait-il d’être considérer comme un objet de désir et n’être désiré que pour cela ? N’est-il pas frustrant que d’être regarder en tant que tel ? Les êtres humains doivent être considérés sur un pied d’égalité comme le souligne Karl POPPER : « L’égalitarisme veut que tous les citoyens soient traités impartialement, sans qu’il soit tenu compte de leur naissance, de leurs relations ou de leur fortune. En d'autres termes, il ne reconnaît aucun privilège naturel,... » dans La société ouverte et ses ennemis. L'égalitarisme est le fait de considérer que chaque être humain est égal, quelque soit sa race, sa religion, son sexe, son orientation sexuelle, etc. Il permet à tout un chacun de reconnaitre les différences qui existent chez son semblable sans le discriminer pour autant. En somme, chaque être humain doit avoir les mêmes droits et devoirs envers autrui dans la société. Nous retrouvons cette notion dans La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789. Abrégeons, l’égalitarisme, communément appelé l’égalité des sexes, demande à ce que nous soyons traité en tant qu’être humain avant d’être vu comme homme ou femme. Or c’est ainsi que certaines publicités explicitent les individus comme hommes ou femmes. Ainsi, est-il désirable de se rabaisser au rang d’objet dénué de toute dignité ? Et pour plaire ? Mais à qui, aux hommes ou à soi-même ?
 
Il est temps de changer le regard que les hommes portent sur les femmes en commençant par changer l’attitude de la gente féminine. Des siècles durant, les femmes se sont battues pour obtenir l’égalitarisme ce qui est, comme nous venons de le voir, un procédé juste en raison du fait que sans cela, la femme était vouée à se soumettre à l’autorité d’un homme, et par ce biais il y avait inégalité. Dorénavant, elles prônent cette égalité comme étant conforme, certes, mais font tout pour ne pas être considérées en fin de compte sur un pied d’égalité avec les hommes bien qu’indirectement. Est-ce le fruit d’une tradition que d’obéir à une domination qui n’a plus lieu d’être ? Il n’y a plus aucune raisons à cela. Elles veulent plaire aux hommes en se rangeant au même niveau que des femmes chosifiées et après elles tiennent les hommes pour responsables. Bien entendu, les hommes sont responsables du regard qu’ils portent, mais les femmes ne font que surenchérir cette tendance en accentuant une attitude provocante. Cela ne vient pas seulement des vêtements portés, mais de leur intention : elles en sont elles-mêmes porteuses, après tout pourquoi les hommes devraient avoir un comportement désintéressé. Le problème ne s’arrête pas là : elles font du tord aux autres femmes, prennent la liberté de voler la leur en donnant une image décadente de la gente féminine. Comment donc accorder de la crédibilité à celles ne se réclamant pas du bord de celles qui tendent à généraliser cette tendance ? Finalement, ce ne sont pas les hommes qui rendent et poussent les femmes à être ainsi – soit à rendre la femme comme un objet désirable mais au contraire, les femmes sont les responsables au fond des requêtes des hommes. Cependant, mes dires ne déchargent pas les hommes de toute responsabilité. Ils semblent être « victimes » des regards qu’ils portent… jusqu’à preuve du contraire, les hommes sont des êtres humains et possèdent une conscience et donc un entendement : l’affect peut se contrôler. Nonobstant, il est vrai dans un sens que l’on peut leur accorder une excuse, je dirais. Pour faire simple, remontons au « commencement » : la Bible a décidé de l’avenir de l’homme et de la femme avec le mythe d’Adam et Eve. Bien que la thèse Darwinienne de l’évolution ait été retenue comme la plus vraisemblable, notre société a été imprégnée de la religion catholique. Ainsi, l’homme, ayant été la soit disant victime, a pris son instinct de vengeance en soumettant à son autorité la femme. Ainsi, durant des siècles l’homme à soumis la femme, qui à partir du XIXème siècle s’est battue aux cotés de quelques féministes tels DIDEROT et quelques élans révolutionnaires existaient déjà : les femmes ont appris à se battre pour vaincre la résistance à cette autorité et on finalement su enjamber la pierre d’achoppement à leur liberté. Elles ont développé un certain sens de la réflexion alors que les hommes eux, se sont « reposer sur leurs lauriers », pensant que tout leur était du et de fait que tout était acquis (ou inné). En somme, pour reprendre le mot de KANT, ils ont « régressé » compte tenu qu’ils estimaient détenir un pouvoir, qui n’était que factice en fin de compte et n’ont pas été tenté de progresser ; tout laissait présager que rien n’allait encombrer leur chemin. En effet, puisque grâce à leur raison ils auraient pu anticiper le soulèvement des femmes vis-à-vis des hommes par un travail de réflexion. Si comme l’écrit KANT, « l’homme est le seul animal voué au travail », dans le sens où, à la différence de l’animal, en l’homme l’instinct ne saurait tenir lieu de loi, ni ne suffit à exploiter ses capacités. Ses facultés ne se développent pas instinctivement mais au prix d’un effort régulier sur lui-même, sans lequel il court le risque de régresser. C’est ce qui attend la femme : c’est en cela comparable à la fable du lièvre et de la tortue de LA FONTAINE. Les femmes ont su avancer à leur rythme, mais elles peuvent choir par un repos prolongé. En somme, le seul moyen envisageable pour boucler ce cercle vicieux une bonne fois pour tout serait de décider de refuser que la politique de l’apparence perpétue son règne ; en bref, faire une sorte de « putsch » à son encontre.
 
Pour ce qui est donc de ma seconde hypothèse, il s’agirait là d’un narcissisme aigu des femmes, que de vouloir avoir une certaine apparence, que mes propos tenus ne peuvent guérir. Bien que ces  femmes souffrent plus du fait de ne pas se trouver conforme à ce qu’elles voient dans les médias, elles ne désirent pas nécessairement changer dans le but de plaire, mais de se plaire : elles assouvissent donc le fantasme d’être dans la norme de beauté et soulagent leur nombrilisme. Ne tomber pas dans le piège des apparences, cela reste éphémère, la beauté intérieure persiste et se perfectionne.
 
Seulement, l’image recèle d’autres travers que celui de bannir la dignité humaine et d’influencer les gens par des préjugés.
  

II.] LES AUTRES PROBLEMES AFFILIES A L’IMAGE
 
Le monopole de l’image a fait de la capacité linguistique un outil de communication de plus en plus restreint. Or, nous devons mettre des mots sur nos maux : l’éducation permet entre autres une maitrise du langage et de la culture. La violence est propre à l’appauvrissement du dialogue. Cela s’explique par une rupture avec l’usage de l’expression via les lettres causée par la porte que l’on laisse ouverte aux médias. L’art, entendu comme l’écriture, la sculpture, la création en somme, est un outil d’objectivation : elle permet d’accomplir un examen de l’être ainsi que de ses conflits intérieurs. L’art sert à l’extériorisation de la violence, de la profération, du manque de possibilité de communiquer. Bien évidement, la société se doit de refouler les pulsions d’agressivité animant certains individus. Parmi eux se trouve des gens qui ne parviennent pas à se maîtriser. De deux choses l’une, soit ils sont violents envers eux-mêmes en développant des idées d’autodestruction – pour en revenir aux précédents propos, il s’agit de ces femmes souffrant d’anorexie ; soit vis-à-vis d’autrui ou s’affranchissent d’un interdit régi par la loi, à l’instar du meurtre. Les films de grande violence peuvent générer dans l’esprit des personnes les plus influençables des sentiments de haine, d’agressivité, etc. il en va de même en ce qui concerne les jeux vidéos, et pas forcément les plus violents. En effet, les univers virtuels, tel celui de « Second Life » tendent à se démocratiser à la vue du nombre de reportages croissant et d’une demande exponentielle des gens à vouloir échapper à leur quotidien. Ce problème résulte au fond de notre société de consommation : de « nouveaux besoins » d’une population « suréquipée » en biens se font ressentir et bien évidement certaines entreprises se proposent de les satisfaire. Mais, ceci concerne au prime abord le domaine du réel, du matériel.
 
Or, de nombreux facteurs psychologiques ont changé la donne : une sensation de malaise plane dans notre société en raison de problèmes socio-économiques. La « routine », telle l’expression familière « métro, boulot, dodo », s’est propagée depuis quelques décennies et a en fin de compte usé l’être humain. De plus, le rythme de vie s’est « accéléré » incommensurablement afin de rendre l’homme, pourtant détenteur d’une dignité – notion que l’on s’est proposé d’étayer tout à l’heure, plus rentable dans son travail. Ce mode de vie déboussole l’être humain ; il tente de fuir ce monde pour se réfugier dans un univers parallèle, en ayant toujours à l’esprit qu’il a un pied à terre avec la réalité pour se réconforter. Nonobstant, ceci n’est qu’une illusion compte tenu qu’il peut devenir victime de ce subterfuge : il peut perdre pied en tombant dans l’engrenage. Partant du principe qu’un sujet a la volonté de ne pas se confronter au monde réel, voire à sa propre vérité sur lui-même, il tentera de déjouer l’action des contraintes de la vie réelle en se renfermant sur lui-même ainsi que sur ce nouveau monde qu’il en fera sien. Nous nous apercevons qu’au sein de ce monde virtuel, Second Life,  sont présentes maintes similitudes avec la vie réelle. Des lieux tels des boutiques de vêtements mais encore d’autres infrastructures (boîtes de nuit, cafés, etc.) tiennent le joueur en haleine, ce dernier étant à la recherche ininterrompue de nouveautés et de nouvelles interactions ; cela lui permet de ne pas se sentir totalement étranger tout en changeant d’univers. C’est en effet dans la nature même de l’être humain que de tendre vers la possession perpétuelle du bien, de ce qu’il n’a pas étant donné que l’homme est un être de désir comme le fait remarquer PLATON. Ainsi, il tente par tous les moyens de suppléer à son incomplétude, dans le but de s’achever et de se perfectionner. Mais parmi les possibilités qu’offre ce jeu se trouve des pratiques obscènes et pornographiques que nous devons pointer du doigt, en l’occurrence le « cybersexe ». Ceci est un autre problème, néanmoins il ne demeure pas tant éloigné de celui concernant le potentiel de l’image.
 
En somme, cet univers est très proche de la réalité tout en étant à des années lumières : l’impression que cela génère est relativement ineffable. Disons que tout est fait pour que le joueur ne se retrouve pas déboussolé, ainsi y est incrémenter dans ce monde des environnements semblables à son quotidien. Mais à cela s’ajoute une plus grande accessibilité au superflu et non-conventionnel, autrement dit à des procédés entre autres concernant le milieu de la pornographie et de la prostitution. Aussi incroyable que cela puisse paraître au prime abord, la prostitution y est monnaie courante. Mais comment ? Chaque joueur possède un avatar qui le représente dans cette vie en 3D et chacun peut accéder à ces pratiques, moyennant une certaine somme d’argent « semi-virtuelle ». Effectivement, la monnaie présente dans ce jeu se nomme les Linden Dollars, en d’autres termes un dollar équivaut approximativement à 150 Linden Dollars. Il s’agit d’une véritable machine commerciale, étant donné que les joueurs « accros » font accroitre leur exigence : la demande est plus forte que l’offre, donc pour un joueur voulant bénéficiés des services d’une prostituée « semi-virtuelle », il doit débourser entre 1000 et 2000 Linden Dollars, soit une fourchette de 6,7 à 13,3 Dollars. Cela semble relativement coûteux, mais sacrifier sa dignité, cela a-t-il un prix ? Pourquoi parler d’une prostituée « semi-virtuelle » ? Tout simplement en raison du fait qu’il s’agisse d’une personne commandant son avatar à l’instar de n’importe quel autre joueur. Bien que l’écran trace une « frontière », il n’en reste pas moins qu’il rend à proximité ce qu’il se passe dans ce jeu. Le risque d’une telle situation réside dans le fait que, comme dans la réalité, la prostitution ne respecte pas la dignité humaine. L’être humain est instrumentalisé comme un vulgaire objet de consommation mettant sa dignité à mal ; l’avatar en lui-même n’en détient pas une, mais l’exécutant oui, il s’agit d’une personne quoi qu’on en dise bien que métaphorisée par un personnage en trois dimensions. Il est difficilement concevable d’attribuer une excuse dès lors que le respect se trouve bafoué pour de simples et inutiles « désirs vides » dans lesquels l’homme ne peut s’accomplir comme le soulignera EPICURE. Par ce biais, l’homme régresse dans sa grandeur d’esprit. Nombreux sont les arguments justifiant la prise de position d’être contre ce genre de pratiques. Nous pouvons dors et déjà affirmer que le cybersexe est l'affaire de chacun, bien que maintes personnes s’octroient la prérogative contraire. En effet, à partir du moment où chacun est détenteur d’une dignité, se rabaisser à une pratique démagogique d'un acte qui est censé être le fruit d'un amour sincère ramène l'être humain au plus bas degré de son espèce. Ainsi en plaçant l'homme au rang d'être vivant et pas forcément à celui de raison fait qu'il se trouve dévalué vis-à-vis de ce que lui confère son statut de personne. Il est aisément compréhensible que l'acte sexuel doit être préservé coute que coute – de fait, il ne doit pas être banalisé ou vulgarisé, il s’agit de quelque chose d'intime, sincère, et pas l'affaire simplement de se targuer d’avoir assouvis des instincts primaires. Cela provient probablement d’un orgueil présent dans notre société qui surgit dans la vie privée. L’homme en tant que doué d'une raison, peut déroger à son instinct nonobstant, le fait même qu'il y cède fait de lui un être amoindri.
 
Pour en revenir au danger engendré par ces usages malveillants qui tendent l’homme à se permettre toute forme d’excès, d’exigences débridées, l’homme représente à lui-même un manque le mettant perpétuellement en mouvement vers une satiété insatiable. Tout cela pour dire qu’en fin de compte que l’image de notre réalité et de notre société présente au sein de nos esprits se retrouve n’importe où que l’on « aille » comprenant ses travers. Cette influence néfaste s’exerce sur un très large public puisque cette prétendue échappatoire à la réalité plonge l’homme dans un imaginaire, des songes n’amortissant bien évidement pas sa chute lorsqu’il entre de nouveau en connivence avec la véritable vie. Les images incitent les gens à agir en conséquence de la réaction qu’elle cause, un exemple flagrant existe celui des idéologies. L’histoire s’est vue infligée de monstrueuses péripéties après que des images eut été mise au service soit du nazisme ou du système soviétique. Dans les deux cas, elles avaient pour objectif d’être une manière de faire de la propagande et tous, surtout les plus jeunes, ont été enrôlés et de fait victimes. Elles ont fait croire qu’une race était supérieure à une autre ou inciter les gens à dénoncer pour devenir conforme à la norme fixée. En attendant, des milliers de juifs ont été victimes d’un génocide et de pauvres gens ont été envoyés au fin fond de la Sibérie dans les Goulags : l’image y a contribué. L’esprit des gens a été incrémenté de préjugés et souvenirs, qui ne leur permettent pas forcément par la suite d’avoir un jugement droit. L’envers du décor n’était jamais montré dans les deux cas. Seuls des jugements portés par les hauts dignitaires étaient illustré comme étant vrai pour distinguer le bien et le mal. L’image a ainsi été instrumentalisée à des fins innommables et abjectes.
  

CONCLUSION
 
En somme, le monopole de l’image s’entretient en répétant un nombre incalculable de fois certaines scènes… l’opinion publique en est imprégnée, et en vient à prendre le plus souvent ce que l’on veut bien montrer pour argent comptant… Le seul moyen d’y remédier serait d’agir sur l’éducation des enfants en leur apprenant à décortiquer via les sciences de l’image, lire et interpréter ce qu’on leur montre et ainsi cela formera une nouvelle génération d’adulte qui aura plus de chance de déroger aux préjugés que l’on tentera de déposer en eux afin de parvenir à instaurer une certaine vigilance. Mais le fait d’interpréter n’est-il pas un apprentissage subjectif pour comprendre ? Une autre solution déjà énoncée consisterait à « sauver » la génération actuelle du pouvoir catastrophique de l’image en stoppant la politique des apparences : boycotter sa fulgurante ascension et l’éducation pourrait aussi y jouer un rôle en ce qui concerne les plus jeunes. La solution à proposer au sujet des publicités serait de recourir à d’autres moyens pour convaincre de l’efficacité de tel ou tel produit. Pour ce qui est des clips musicaux, il serait en effet bienvenu de commencer progressivement une marche vers le respect de la personne, par exemple en soumettant des clips sous forme de dessins animés. Bien que le contenu puisse être semblable avec ce qui est déjà montré, il n’en serait pas moins de la coupure faite avec le réel : cela imposerait une certaine distance. Cette évolution que je propose tiendrait à ce que cela progresse vers des clips musicaux relativement neutre, puisque après tout, il n’y a pas besoin d’image pour apprécier la musique, à moins que celle-ci soit médiocre. L’image se veut établir la norme, une soi-disant ligne de conduite à respecter, mais comment respecter quelque chose n’honorant pas les valeurs de l’être humain à commencer par sa dignité ? C’est pourquoi, nous ne devons pas lui accorder de la crédibilité ainsi qu’une confiance aveugle.
Par Sonia D.
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